Partager l'article ! OSTEOPATHIE ET MASSO-KINESITHERAPIE: Les Masseurs-kinésithérapeutes exercent dans un ca ...
Les Masseurs-kinésithérapeutes, comme les Médecins, sont soumis à un code de déontologie. De plus, ils participent à la continuité des soins de ville et aux actions dites d’utilité publique, notamment au sein des réseaux favorisant la continuité des soins. Ils incarnent une profession reconnue par toute la population française…
Pourquoi, alors, le décret d’agrément des écoles formant à l’Ostéopathie écarte-t-il les organismes de formation continue en masso-kinésithérapie, pourtant réputés pour leur sérieux ?
Aujourd’hui, après de nombreuses hésitations de nos différents gouvernements, après la loi KOUCHNER, après l’héritage empoisonné de la loi du 04 mars 2002 et la parution au J.O. des décrets et arrêtés d’application de l’article 75 le 25 mars 2007, l’Etat a reconnu une nouvelle profession: l’ostéopathie agréée par un programme de 1225 heures de formation.
Ne faudrait-il pas rappeler à notre Ministre de tutelle que les Masseurs-kinésithérapeutes et les Médecins, forts de leur cursus de formation initiale, de leur expérience professionnelle, et surtout de leur compétence légitime (Décret de Compétence) dans des domaines variés (rhumatologie, orthopédie, pédiatrie…) sont naturellement amenés aux thérapies manuelles dont l’ostéopathie ? Ainsi, l’enseignement de l’Ostéopathie aux Masseurs-kinésithérapeutes devrait s’inscrire au sein d’une formation continue définie par un calendrier annuel.
Quand nos autorités de tutelle se défendent d’avoir voulu créer une nouvelle profession, on peut se demander à quoi rime l’exercice d’un titre si ce n’est à désigner une profession, comme le fait judicieusement remarquer le SNMKR : « Plus qu’un titre créé à l’usage de professionnels de santé soumis à la déontologie de leur ordre, c’est bien une profession que le décret attaqué a créée, exercée tantôt par des professionnels de santé soumis à la déontologie de leur ordre ; tantôt par des praticiens extérieurs à toute profession de santé regroupée en ordre et soumise à une déontologie contraignante, et exerçant ainsi sans contrainte. »
Peut-on penser que l’Ostéopathie est une profession à part des professions de santé ?
Il est quand même curieux qu’une telle activité qui touche au corps, à « sa régulation », voire à sa « normalisation », soit à part des professions de santé. Les techniques ostéopathiques peuvent avoir des conséquences irréversibles sur la santé si elles sont exercées sans précaution préalable. Les masseurs-kinésithérapeutes et les Médecins sont là pour en témoigner : combien d’entre nous ont-ils reçu dans leur cabinet des patients qui se plaignaient de douleurs exacerbées suite à une manipulation par un ostéopathe peu scrupuleux, et surtout intéressé par la quarantaine ou cinquantaine d’euros qu’il allait encaisser…
Certes, ce n’est pas dans la majorité des cas et heureusement !
Pourtant, dans un principe de précaution, cher aux professionnels de santé, ne serait-il pas judicieux d’instaurer un numerus clausus pour limiter les inscriptions dans l’apprentissage de l’ostéopathie, ou tout au moins contrôler plus sérieusement l’entrée des étudiants dans cette formation ? Aujourd’hui, pour être Ostéopathe il faut avoir les moyens de se payer, ou de se faire payer, une formation de plusieurs milliers d’euros. Il n’y a aucun niveau d’études requis, plus encore il n’y a aucun contrôle à l’accès à cette profession, pas de concours et aucune limitation de place.
Ne soyons pas dupes, si rien n’est fait, cette profession va se réguler toute seule. Aujourd’hui, de nombreux ostéopathes « nini » (ni médecin, ni masseur-kinésithérapeute) ne vivent plus de leur activité ostéopathique. Ils sont là pour témoigner de la saturation du « marché ostéopathique ». Ainsi, je ne m’inquiète pas pour les ostéopathes masseurs-kinésithérapeutes car eux ont trop de travail.
Mais, faut-il continuer à tromper les jeunes à la recherche d’une profession ?
Je me questionne donc sur ce qui a motivé nos gouvernements, passés et actuels, pour favoriser une telle issue.
Est-ce une motivation financière, et là, j’entrevois les lobbies des écoles d’ostéopathie car je suis effaré par le prix de certaines formations et leur manque de sérieux (le nombre d’école devait être contrôlé, c’est un fait). Mais cela sous-entendrait des appuis politiques, dignes des Républiques Bananières… Je n’ose même pas y penser !
Je me souviens de cette esthéticienne qui avait ouvert un salon de massage non loin de mon cabinet à grand renfort de publicité dans mon quotidien régional. Lorsque je l’ai contactée pour lui faire remarquer qu’elle faisait de l’exercice illégal de la masso-kinésithérapie, elle a eu cette fabuleuse réponse : « Vous comprenez, j’ai payé 2500 € pour apprendre à masser ! ». Elle avait payé, donc c’était tout à fait légal pour elle…
Car en France, nous pouvons tout apprendre : la Médecine Chinoise, le Massage sous toutes ses formes, et bien d’autres choses… Et c’est légal. Or, dans ces formations, curieusement il est oublié de signaler « aux étudiants » que certains exercices professionnels sont soumis à la possession d’un diplôme reconnu par l’Etat.
L’Etat devrait contrôler plus sérieusement les formations trompeuses qui sont proposées, au lieu de mettre un véto à celles qui sont reconnues pour leur sérieux et ce, depuis des années.
Est-ce un copinage politique qui a permis à certains de passer de l’illégalité à la légalité ?
Car, si je me rappelle avant l’application de la loi KOUCHNER, l’autorisation d’exercice de l’ostéopathie était l’exclusivité des médecins. Seuls les Médecins étaient naturellement autorisés à manipuler et à pratiquer l’ostéopathie ! Ce qui n’était après tout pas si mal. Mais le diplôme de Masseur-kinésithérapeute confère à son possesseur des compétences dans le massage, la rééducation et la mobilisation du squelette et de ses articulations d’où l’ouverture aux thérapies manuelles.
Les « Nini » exerçant la profession d’ostéopathe avant la parution de la loi Kouchner et de son décret d’application ne sont rien d’autres que des illégaux.
Pourquoi l’ordre des Médecins n’a-t-il pas fait respecter la loi ?
Notre langue est riche, ainsi le masseur–kinésithérapeute masse, rééduque et mobilise, l’esthéticienne modèle et le médecin manipule. La médecine qu’elle soit belge, française ou chinoise est réservée au seul possesseur d’un diplôme de médecine, délivré par la faculté de médecine, donc au médecin. L’esthéticienne modèle et ne masse pas (Décret de Compétence du métier d’esthéticien). N’en déplaise à certains, c’est ainsi. Le fonctionnement de la société française est régi par des lois et nous devons les respecter, sinon c’est l’anarchie.
Est-ce un manque de renseignement de la part des bureaucrates chargés du dossier ?
Je ne le pense pas, car ce serait une faute grossière de la part de nos chers énarques.
Est-ce là les prémices d’un désengagement total de l’Etat dans le système de soins français ?
Les professionnels de santé sont des personnes censées et responsables. Ils savent que des efforts sont nécessaires pour préserver notre système de soins. Mais ils resteront vigilants, car ils ne feront plus de sacrifices inconsidérés. Une réforme concertée du régime maladie est tout à fait réalisable, mais encore faut-il les y faire participer.
Voilà Monsieur le Député, mon état d’esprit après la publication au Journal Officiel n° 189 du 17 Août 2007 des écoles de formation agréées à l’enseignement de l’Ostéopathie !
Je défends mon métier, mes compétences et mes idées.
Je ne conçois pas que les esthéticiennes massent car ce n’est pas de leur compétence.
Je ne conçois pas que des professionnels de santé autres que des Médecins pratiquent la médecine chinoise.
Je ne conçois pas que l’Etat puisse créer contre l’avis des professions de santé un nouveau métier touchant à la santé mais ne faisant pas partie des professions de la santé.
J’ai été sensible à votre lettre destinée aux masseurs-kinésithérapeutes lors de votre campagne électorale et je vous ai soutenu comme je l’avais déjà fait. Aujourd’hui, la masso-kinésithérapie a besoin de se faire entendre et a besoin de ses élus. Elle compte sur vous !
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes salutations distinguées.
Didier DAVID
Président de l’Union Régionale des Syndicats FFMKR de la Région PACA CORSE.
Secrétaire Général FFMKR13.
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